Accessibilité ?
Par V. Dubarry le 13-02-12, - Interventions diverses - Lien permanent
Eurocities (association de grandes villes européennes) a créé en son sein un
groupe de travail "Barrier-free city for all". Berlin, Prague, Vienne,
Toulouse, Lyon, Moscou... et Paris se réunissait donc aujourd'hui pour
continuer à avancer sur l'idée de ville accessible. A l'Hôtel de Ville. J'ai
donc ouvert ces journées par une intervention sur les actions et la réflexion
de la Ville de Paris en la matière. L'occasion à la fois de faire un point sur
les réalisations de la ville et d'alimenter notre réflexion par la
confrontation avec celles des autres villes. Voici mon intervention...
Dans le palmarès des villes accessibles, il semble fixé dans beaucoup d’esprits
que Paris est définitivement perdue. Ville patrimoniale et ancienne aux rues
historiques et tortueuses, ville gérant plus de 2000 établissements recevant du
public, ville accueillant un flux constant d’usagers, autochtones banlieusards
et touristes évoluant sur 1700 km de voirie jonchée d’incidents (un, plus ou
moins important, tous les 10 mètres !).
À Paris, Ville Capitale, les problématiques s’imposent de façon plus complexe, plus gigantesque qu’ailleurs. Ce n'est pas pour autant que Paris a renoncé à s’y confronter, tout est affaire de volonté politique.
Volonté de rendre l’accessibilité universelle parce que l’accessibilité n’est pas destinée qu’aux utilisateurs de fauteuil roulant, qu’à toutes les personnes en situation de handicap, l’accessibilité est indispensable aussi à toute personne, à un moment ou à un autre, en état de vulnérabilité : personne âgée, personne encombrée, personne peinant à déchiffrer nos codes urbains, enfants… Pour tous, la Cité doit être inclusive, au-delà d’un urbanisme uniquement conçu pour un être masculin instruit et dans la force de l’âge, la Cité doit pouvoir accueillir, guider, rester fluide tout au long de sa chaîne de déplacements.
Quelques exemples.
- A Paris, la mise en accessibilité des lignes de bus, intramuros, a entraîné cette année une augmentation de passagers en fauteuils roulants de plus de 20%.
- Paris a été la première à mettre en place le PAM, modèle repris maintenant dans toute l’Ile de France : plus de 13 000 personnes se sont inscrites à ce service qui permet aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap de se déplacer, à la demande, dans la Ville. Le PAM75 a réalisé 295899 courses en 2011.
- Paris, Ville et Département, consacre au handicap un budget de plus de 276 M€ : au sein de ce budget, 30 M sont réservés à l’accessibilité ; en plus de cette somme, les chantiers nouveaux intègrent dans leur budget les obligations d’accessibilité, à l’exemple du tramway.
Mais par delà ces chiffres, il est aussi important d'insister sur la nécessité de reconsidérer la culture administrative française classique basée sur un dispositif vertical. C’est sous forme horizontale que le partenariat entre Paris et les autres acteurs du paysage urbain doit s’instaurer : STIF et RATP pour les transports ; Préfecture de Police pour la régulation de la voie publique, l’accessibilité des établissements privés ; Architectes des Bâtiments de France pour les interventions sur le bâti ; la Poste, EDF, GDF installent leurs équipements ; sans compter les acteurs du secteur privé …
C’est ce même partenariat horizontal qui doit continuer au sein même de la Ville de Paris : près de 60 000 agents, 23 directions qui acquièrent une culture commune de l’accessibilité universelle et de la cité inclusive grâce à l’élaboration de référentiels techniques, aux groupes de concertation inter directions.
Ce n’est pas l’absence de Faire, de réalisations concrètes qui donne à Paris son statut de ville réputée inaccessible. C’est, et nous devons y rester attentifs, le manque de communication, de « Faire Savoir » : non seulement informer les ParisienNEs de tous les dispositifs, mais aussi faire œuvre de pédagogie pour aller au-delà des palmarès simplificateurs.
C'est dans cet état d'esprit que J’ai décidé de mettre à disposition des parisienNEs un Guide du handicap qui sera édité à la rentrée scolaire 2012. Je compte tout de même continuer à œuvrer pour que chaque guide parisien, quel que soit le sujet abordé, comprenne un volet handicap. Bizarrement, si les concepteurs commencent à intégrer cet aspect, les usagers, en situation de handicap, trop habitués à la relégation, n’ont pas encore acquis ce réflexe de consultation éclatée, « comme les autres », hors d’un espace réservé.
D'une façon générale, le combat en faveur de l’accessibilité universelle s’apparente à la lutte contre les a priori, contre les préjugés, et bien sûr contre les discriminations. Eternels ennemis, vampires contre lesquels nous ne pourrons lutter qu’avec la force de la lumière, la connaissance partagée et l'information, parce que ce sera bien plus efficace que des gousses d’ail !
À Paris, Ville Capitale, les problématiques s’imposent de façon plus complexe, plus gigantesque qu’ailleurs. Ce n'est pas pour autant que Paris a renoncé à s’y confronter, tout est affaire de volonté politique.
Volonté de rendre l’accessibilité universelle parce que l’accessibilité n’est pas destinée qu’aux utilisateurs de fauteuil roulant, qu’à toutes les personnes en situation de handicap, l’accessibilité est indispensable aussi à toute personne, à un moment ou à un autre, en état de vulnérabilité : personne âgée, personne encombrée, personne peinant à déchiffrer nos codes urbains, enfants… Pour tous, la Cité doit être inclusive, au-delà d’un urbanisme uniquement conçu pour un être masculin instruit et dans la force de l’âge, la Cité doit pouvoir accueillir, guider, rester fluide tout au long de sa chaîne de déplacements.
Quelques exemples.
- A Paris, la mise en accessibilité des lignes de bus, intramuros, a entraîné cette année une augmentation de passagers en fauteuils roulants de plus de 20%.
- Paris a été la première à mettre en place le PAM, modèle repris maintenant dans toute l’Ile de France : plus de 13 000 personnes se sont inscrites à ce service qui permet aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap de se déplacer, à la demande, dans la Ville. Le PAM75 a réalisé 295899 courses en 2011.
- Paris, Ville et Département, consacre au handicap un budget de plus de 276 M€ : au sein de ce budget, 30 M sont réservés à l’accessibilité ; en plus de cette somme, les chantiers nouveaux intègrent dans leur budget les obligations d’accessibilité, à l’exemple du tramway.
Mais par delà ces chiffres, il est aussi important d'insister sur la nécessité de reconsidérer la culture administrative française classique basée sur un dispositif vertical. C’est sous forme horizontale que le partenariat entre Paris et les autres acteurs du paysage urbain doit s’instaurer : STIF et RATP pour les transports ; Préfecture de Police pour la régulation de la voie publique, l’accessibilité des établissements privés ; Architectes des Bâtiments de France pour les interventions sur le bâti ; la Poste, EDF, GDF installent leurs équipements ; sans compter les acteurs du secteur privé …
C’est ce même partenariat horizontal qui doit continuer au sein même de la Ville de Paris : près de 60 000 agents, 23 directions qui acquièrent une culture commune de l’accessibilité universelle et de la cité inclusive grâce à l’élaboration de référentiels techniques, aux groupes de concertation inter directions.
Ce n’est pas l’absence de Faire, de réalisations concrètes qui donne à Paris son statut de ville réputée inaccessible. C’est, et nous devons y rester attentifs, le manque de communication, de « Faire Savoir » : non seulement informer les ParisienNEs de tous les dispositifs, mais aussi faire œuvre de pédagogie pour aller au-delà des palmarès simplificateurs.
C'est dans cet état d'esprit que J’ai décidé de mettre à disposition des parisienNEs un Guide du handicap qui sera édité à la rentrée scolaire 2012. Je compte tout de même continuer à œuvrer pour que chaque guide parisien, quel que soit le sujet abordé, comprenne un volet handicap. Bizarrement, si les concepteurs commencent à intégrer cet aspect, les usagers, en situation de handicap, trop habitués à la relégation, n’ont pas encore acquis ce réflexe de consultation éclatée, « comme les autres », hors d’un espace réservé.
D'une façon générale, le combat en faveur de l’accessibilité universelle s’apparente à la lutte contre les a priori, contre les préjugés, et bien sûr contre les discriminations. Eternels ennemis, vampires contre lesquels nous ne pourrons lutter qu’avec la force de la lumière, la connaissance partagée et l'information, parce que ce sera bien plus efficace que des gousses d’ail !
