Excellent (après tout on n'est jamais mieux servie que par soi même) article de Véronique Dubarry et Stéphane Lavignotte, dont voici juste l'introduction... Pour lire le texte en entier, il faudra revenir à des choses "simples" : aller acheter la revue dans un kiosque, une maison de la presse ou un marchand de journaux ! Et puis ainsi, participer à la vie de la Revue des livres qui a besoin d'un coup de main, de pouce pour continuer à exister !



Le succès de la série de bande dessinée Walking Dead et la place de plus en plus grande que prennent les fictions mettant en scène des zombies dans un univers post-apocalyptique sont très certainement le signe de l’inquiétude grandissante des populations face aux évolutions catastrophiques de notre époque. Mais n’est-il pas également possible de rendre compte de ce succès en lisant cette série comme la mise en scène d’une expérimentation politique, comme la mise au jour des tensions et des contradictions dont est porteuse la double injonction qui nous est faite d’à la fois créer et résister ?

La parution de la série The Walking Dead, chez l’éditeur de comics étasunien Image Comics, débute en 2003. Cette série, créée par Robert Kirkman (scénariste) et Tony Moore (dessinateur) puis Charlie Adlard (dessinateur), est adaptée pour la télévision en octobre 2010. Elle est d’abord diffusée sur la chaîne américaine AMC et l’année suivante en France sur les chaînes d’Orange1. Le succès de cette série2 illustre la place prise depuis trente ans par le thème de la fin du monde dans la science-fiction, le cinéma et la littérature populaire (romans et bandes dessinées) : si l’on regarde une liste de 340 films post-apocalyptiques tournés depuis 1926, 261 l’ont été dans les trente dernières années, dont 112 dans la décennie 1980, 49 dans la décennie 1990 et 106 depuis dix ans3. On voit ainsi réapparaître au début du troisième millénaire un genre fort répandu lors du premier : la littérature apocalyptique. En période de changement radical de civilisation, cette littérature est un reflet grâce auquel les sociétés peuvent imaginer leur propre évolution. Face aux changements de civilisation dans lesquels les habitants de la planète sont engagés, notamment face aux enjeux environnementaux, que donne à penser cette littérature pour aujourd’hui ? Ne pointe-t-elle pas que, contrairement à une thématique courante dans les mouvements sociaux, résister n’est pas créer et qu’il y a antinomie entre survivre et revivre ?

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