Certes, prises indépendamment les unes des autres, ces mesures, ces technologies ne mettent pas à bas nos libertés individuelles. En revanche, l’ensemble qu’elles forment grignotent, émiettent nos libertés de citoyens et de citoyennes. Donc, oui, s’élever contre ce énième dispositif sensé apporter une réponse en matière de sécurité est une question de principes, une question d’éthique, une question politique. Mais c’est aussi une question de pragmatisme. D’abord, parce que comme le Groupe Communiste l’anticipe fort bien dans le vœu qu’il présente, le risque de voir disparaître de la rue des forces de police est grand. Il est évident que l’installation de ces caméras, leur utilisation, l’analyse des images, etc. va nécessiter du personnel, beaucoup de personnel. Or, la mode gouvernementale n’étant pas à l’augmentation des personnels, Madame Lagarde nous l’a longuement rappelé ce matin, il est également évident que cela ne pourra se faire qu’en redéployant des effectifs. La Police Urbaine de Proximité n’étant déjà plus qu’un lointain souvenir, nous allons assister au retrait de personnel pourtant très utile dans la lutte contre la petite délinquance certes mais aussi, et surtout, qui sont une présence rassurante dans nos quartiers. Paris, la municipalité parisienne, ont pour habitude, et peuvent s’en enorgueillir, de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, dans d’autres pays, dans d’autres villes. Alors regardons Londres et écoutons ce que disent, non pas les défenseurs des droits de l’homme dont on sait qu’ils racontent n’importe quoi, non, écoutons les responsables de la police britannique. Ils parlent, eux, d’un véritable fiasco, ils dénoncent le coût exorbitant de ces installations qui, in fine, n’ont permis d’élucider que… 3% des vols commis sur la voie publique ! Et n’ont même pas empêché les attentats de Londres, alors que pourtant M. Le Préfet, vous mettez en avant dans votre communication le fait que ce sera un instrument utile dans la lutte contre le terrorisme ! Alors, à quoi vont servir ces caméras ? On nous dit « protection » et on nous dit « meilleure résolution des délits ». Soyons lucides, une, des centaines, des milliers de caméras n’empêchent pas les délits, elles se contentent de les déplacer, un peu plus loin. Le terme choisi pour désigner ces caméras est donc totalement inapproprié, cela n’offre aucune « protection ». Et pour continuer dans l’exemple londonien, les chiffres de résolution des délits sont identiques d’un arrondissement de Londres à l’autre alors même que le nombre de caméras varie du simple au double ! Une étude, toujours britannique, conclue que l’argent dépensé en caméras serait bien mieux utilisé en éclairage public, dont il est démontré qu’il diminue la criminalité de… 20 % ! Et c’est là le cœur de la réponse, je le redis pragmatique que nous souhaitons voir apporter à l’insécurité et au sentiment d’insécurité à Paris. Nous devons répondre lien social et intergénérationnel, nous devons répondre prévention spécialisée, partenariats effectifs avec la police présente dans les quartiers, nous devons répondre aménagement des quartiers et marches exploratoires, nous devons répondre lutte contre les discriminations et réduction des risques, nous devons répondre politique de la ville et économie sociale et solidaire.