Intervention sur le plan de vidéosurveillance - Conseil de Paris des 20 et 21 octobre 2008
Par V. Dubarry le 23-10-08, - Interventions diverses - Lien permanent
Surveillance de nos déplacements via nos passes Navigo, fichage de nos enfants
dans base-élèves, biométrie dans les cantines, téléphones repérables, GPS dans
les cartables, fichage des malades dans Eloi, fichier Edvige et maintenant plus
de 1000 caméras de vidéosurveillance.
Certes, prises indépendamment les unes des autres, ces mesures, ces
technologies ne mettent pas à bas nos libertés individuelles. En revanche,
l’ensemble qu’elles forment grignotent, émiettent nos libertés de citoyens et
de citoyennes. Donc, oui, s’élever contre ce énième dispositif sensé apporter
une réponse en matière de sécurité est une question de principes, une question
d’éthique, une question politique. Mais c’est aussi une question de
pragmatisme. D’abord, parce que comme le Groupe Communiste l’anticipe fort bien
dans le vœu qu’il présente, le risque de voir disparaître de la rue des forces
de police est grand. Il est évident que l’installation de ces caméras, leur
utilisation, l’analyse des images, etc. va nécessiter du personnel, beaucoup de
personnel. Or, la mode gouvernementale n’étant pas à l’augmentation des
personnels, Madame Lagarde nous l’a longuement rappelé ce matin, il est
également évident que cela ne pourra se faire qu’en redéployant des effectifs.
La Police Urbaine de Proximité n’étant déjà plus qu’un lointain souvenir, nous
allons assister au retrait de personnel pourtant très utile dans la lutte
contre la petite délinquance certes mais aussi, et surtout, qui sont une
présence rassurante dans nos quartiers. Paris, la municipalité parisienne, ont
pour habitude, et peuvent s’en enorgueillir, de s’inspirer de ce qui se fait
ailleurs, dans d’autres pays, dans d’autres villes. Alors regardons Londres et
écoutons ce que disent, non pas les défenseurs des droits de l’homme dont on
sait qu’ils racontent n’importe quoi, non, écoutons les responsables de la
police britannique. Ils parlent, eux, d’un véritable fiasco, ils dénoncent le
coût exorbitant de ces installations qui, in fine, n’ont permis d’élucider que…
3% des vols commis sur la voie publique ! Et n’ont même pas empêché les
attentats de Londres, alors que pourtant M. Le Préfet, vous mettez en avant
dans votre communication le fait que ce sera un instrument utile dans la lutte
contre le terrorisme ! Alors, à quoi vont servir ces caméras ? On nous dit «
protection » et on nous dit « meilleure résolution des délits ». Soyons
lucides, une, des centaines, des milliers de caméras n’empêchent pas les
délits, elles se contentent de les déplacer, un peu plus loin. Le terme choisi
pour désigner ces caméras est donc totalement inapproprié, cela n’offre aucune
« protection ». Et pour continuer dans l’exemple londonien, les chiffres de
résolution des délits sont identiques d’un arrondissement de Londres à l’autre
alors même que le nombre de caméras varie du simple au double ! Une étude,
toujours britannique, conclue que l’argent dépensé en caméras serait bien mieux
utilisé en éclairage public, dont il est démontré qu’il diminue la criminalité
de… 20 % ! Et c’est là le cœur de la réponse, je le redis pragmatique que nous
souhaitons voir apporter à l’insécurité et au sentiment d’insécurité à Paris.
Nous devons répondre lien social et intergénérationnel, nous devons répondre
prévention spécialisée, partenariats effectifs avec la police présente dans les
quartiers, nous devons répondre aménagement des quartiers et marches
exploratoires, nous devons répondre lutte contre les discriminations et
réduction des risques, nous devons répondre politique de la ville et économie
sociale et solidaire.