Monsieur le Maire, CherEs Collègues,

Tout au long de la journée se sont égrenées des interventions sur le budget de la ville et la majorité d'entre elles mentionnaient le devoir de solidarité, les questions de solidarité, de lien social ou bien encore de justice et d'équité.

Je vais, quant à moi, vous parler de délation ; de répression à l'égard des travailleurs sociaux, des sans-papiers, des prostituéEs ; de sruveillance intrusive ; de défaut de partenariat...

Même si je suis bien sûre que je ne n'empêcherais pas que mes propos soient caricaturés, je souhaite dire ici que nous pensons qu'il est indispensable qu'il y ait des policiers dans les rues de Paris, qu'il y ait de la surveillance des points écoles, qu'il y ait de la répression des dégradations, incivilités, délits et crimes, qu'il y ait de la répression des infractions au code de la route. Seulement cette action, ces actions ne peuvent être menées sans prendre en compte le travail mené par ailleurs par la Ville et des associations subventionnées par la Ville, le Département, voire même l'Etat.

Ces actions ne peuvent pas non plus être menées sans garder à l'esprit les quelques valeurs que je citais tout à l'heure, la solidarité, la justice et le lien social.

Et c'est pour cela que je commence mon intervention par re-dire notre attachement au développement des politiques de prévention, sujet sur lequel nous avons, parfois, été entendu.
"Parfois" et c'est pour cela que nous considérons que le travail qui reste à faire et à hauteur de ce qui a été fait. L'augmentation des moyens accordés à la prévention spécialisé n'est toujours pas suffisante. Pour citer en exemple un arrondissement qu eje connais bien, dans le 10e arrondissement, il y a environ 350 policiers (pour mémoire, il y en a 200 à Saint Denis) et... moins de 15 éducateurs ! Le ratio est à peu près le même pour tous les arrondissements, même si parfois s'y rajoutent des équipes de correspondants de nuit. A nouveau "parfois" seulement puisque en 7 ans de mandature nous n'avons pas réussi à mettre des équipes dans tous les quartiers qui pourraient en avoir besoin. Sans même parler de la mise en place d'un corps de médiateurs qui pourrait répondre à de nombreuses demandes, telles les troubles de voisinage, les nuisances sonores...

Pour répondre à ces demandes, nous pensons que plutôt que des machines, des fichiers et autres moyens de surveillance; il faut de l'humain, des femmes et des hommes dans la rue. Des personnels formés à la médiation, à la prévention qui viendront en amont des interventions des policiers, ce qui permettra par ailleurs de soulager les policiers de certaines interventions.

J'en arrive maintenant à un autre sujet important, celui des sans-papiers et des personnels des associations qui leur viennent en aide. Nos concitoyens, parce que même si ils n'ont pas de papier, ces personnes partagent notre territoire, nos écoles, payent leurs impôts, travaillent à nos côtés, donc nos concitoyens vivent dans la peur, dans l'angoisse d'une arrestation ; cette angoisse pouvant parfois mener à la mort, comme on l'a vu récemment dans le 10e. Et c'est insupportable !

Comme est insupportable de voir arrêter des travailleurs sociaux parce qu'ils sont venus en aide à des exilés, alors que c'est leur rôle, c'est ce pourquoi ces associations reçoivent des subventions, y compris de l'état. comme l'a dit un certain nombre d'associations est ainsi créé le délit de solidarité au pays des droits de l'hmme !

Je finirais mon intervention par les conséquences des différentes lois adoptées récemment, prévention de la délinquance, protection de l'enfance, CESEDA. Ces lois forment un ensemble très cohérent qui répond à la volonté sécuritaire du gouvernement, fragilisant toujours un peu plus ceux d'entre nous qui sont déjà parmi les plus précaires.
La question que je vous pose, que je nous pose, est la suivante : notre collectivité doit-elle s'associer à ces dérives qui font des sans-papiers des criminels, des personnels associatifs, qui leur viennent en aide, des passeurs, des personnels sociaux des délateurs, et des maires des justiciers avec capes et épées ? devons-nosu entériner ces confusions dans les rôles que chacun a à jouer dans les questions de prévention et de sécurité ?

Nous ne le pensons pas. Nous pensons qu'il y a moyen de trouver un équilibre entre répression et prévention, entre le travail de fond et l'urgence. Qu'il y a moyen de trouver une manière de travailler en bonne intelligence, dans la proximité, dans le respect des fonctions des uns et des autres. Pour le moment, ce n'est pas le cas et en l'état, nous ne pouvons pas voter le budget de la Préfecture de Police. Malgré la partie conséquente de ce budget consacrée à la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris, dont nous souhaitons néanmoins saluer le travail.