Paris sous vidéosurveillance ?
Par V. Dubarry le 11-10-07, - Les Verts - Lien permanent
Biométrie dans les cantines, passeports biométriques, fichages divers et
variés, conversation téléphonique repérable, pistage de nos déplacements via
les cartes Navigo, GPS dans les cartables de nos enfants, voilà notre
quotidien... Et pour demain, plus de caméras de vidéosurveillance dans Paris
?
(Tribune à paraître pour les éluEs du Groupe les Verts au Conseil de Paris, dans le magazine "A Paris")
(Tribune à paraître pour les éluEs du Groupe les Verts au Conseil de Paris, dans le magazine "A Paris")
Quel paradoxe ! Pour protéger nos libertés, nous construisons une société de
méfiance, de défiance, de contrôle technologique dont l'homme est chassé.
Depuis plus de 40 ans, des intellectuels s'interrogent sur le devenir de notre
société où la machine prendrait le pas sur l'homme. Aujourd'hui, la CNIL essaye
d'attirer l'attention sur « la société de surveillance qui menace la protection
des données et la liberté ». Aucun n'est entendu et nous continuons notre fuite
en avant vers la société de Big brother.
L'installation envisagée de 1000 caméras par la préfecture de Police de Paris avec le concours financier de la Ville coûterait 45 millions d'euros, sans compter les charges liées aux matériels associés et au personnel indispensable pour « gérer le dispositif ». Cet investissement lourd aura pour corollaire un désinvestissement humain sur le terrain. Or, c'est bien la présence en nombre dans les rues de Paris de personnes, qualifiées, encadrées et rémunérées à hauteur de leurs compétences, dans le cadre d'une VRAIE politique de prévention qui permettra de faire reculer et l'insécurité et le sentiment d'insécurité.
Mettre des correspondants de nuit, des éducateurs spécialisés dans de plus nombreux quartiers, aider les associations, faire des marches exploratoires et mettre en place des procédures qui prennent en compte la réalité du terrain, aménager les quartiers, les rendre plus agréables à vivre pour tous et impliquer les principaux concernés, les habitants, dans ces aménagements, favoriser des interventions d'associations dans les écoles sur la réduction des risques en matière de toxicomanies ou la lutte contre les discriminations : telles devraient être les priorités.
L'objectif est bel et bien d'être « efficace ». Ce n'est pas le cas de la vidéosurveillance. De multiples études l'ont démontré : la présence de caméra n'empêche pas les délits. Elle les déplace. Elle ne rend pas les gens moins anxieux, elle les rend plus surveillés. Se rassurer, en tant qu'élus, en sachant que les lieux sont surveillés, et juste surveillés, n'est pas une attitude responsable. Pour chaque lieu, chaque quartier, chaque territoire, il faut du travail, de la réflexion. De l'humain avant tout.
L'installation envisagée de 1000 caméras par la préfecture de Police de Paris avec le concours financier de la Ville coûterait 45 millions d'euros, sans compter les charges liées aux matériels associés et au personnel indispensable pour « gérer le dispositif ». Cet investissement lourd aura pour corollaire un désinvestissement humain sur le terrain. Or, c'est bien la présence en nombre dans les rues de Paris de personnes, qualifiées, encadrées et rémunérées à hauteur de leurs compétences, dans le cadre d'une VRAIE politique de prévention qui permettra de faire reculer et l'insécurité et le sentiment d'insécurité.
Mettre des correspondants de nuit, des éducateurs spécialisés dans de plus nombreux quartiers, aider les associations, faire des marches exploratoires et mettre en place des procédures qui prennent en compte la réalité du terrain, aménager les quartiers, les rendre plus agréables à vivre pour tous et impliquer les principaux concernés, les habitants, dans ces aménagements, favoriser des interventions d'associations dans les écoles sur la réduction des risques en matière de toxicomanies ou la lutte contre les discriminations : telles devraient être les priorités.
L'objectif est bel et bien d'être « efficace ». Ce n'est pas le cas de la vidéosurveillance. De multiples études l'ont démontré : la présence de caméra n'empêche pas les délits. Elle les déplace. Elle ne rend pas les gens moins anxieux, elle les rend plus surveillés. Se rassurer, en tant qu'élus, en sachant que les lieux sont surveillés, et juste surveillés, n'est pas une attitude responsable. Pour chaque lieu, chaque quartier, chaque territoire, il faut du travail, de la réflexion. De l'humain avant tout.