On ne peut parler de politique de prévention sans évoquer le contexte actuel : rapport Benisti, étude Inserm, Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance, discours sécuritaires… Indéniablement se sont les fondements d’une politique de sécurité et de « prévention » fondée sur une idéologie ultra-libérale de responsabilisation à outrance des individus et dédouanant notre système social qu’on tente de nous imposer.

Certes, il est plus confortable de se limiter à une analyse « comportementale » voire « neuro-biologique » des phénomènes de délinquance plutôt que de s’interroger sur ce qui fait norme dans notre société et sur la question de la production des règles sociales. Il est beaucoup plus simple de médicaliser un symptôme que de remettre en question le système qui a produit ce symptôme. Quand une société va mal, quand la "paix sociale", l’égalité des chances, ne sont plus garanties par un système suffisamment efficace de solidarité et de redistribution des richesses ; quand la souffrance, la colère s’expriment de façon parfois brutale et violente, soit on se donne les moyens d’écouter cette souffrance et d’en combattre les causes soit, comme le gouvernement le fait, on fait taire ceux qui souffrent en les enfermant dans une identité de "malades sociaux" et on les réprime. Pour nous les Verts, il faut renverser la tendance. Ce qu’il nous faut à tous c’est :
  • une politique de prévention plus ambitieuse,
  • un doublement des crédits en direction des associations agissant dans le champ de la prévention et de l’action sociale,
  • un doublement des postes d’éducateurs en prévention spécialisée (éducateurs de rue),
  • développer la médiation sociale de proximité.

Et puis parlons un peu du rôle de la police : le rétablissement de la police de proximité est une priorité. Mais une police de proximité avec des effectifs conséquents et des formations adaptées. Parce que pour le moment les échanges entre la police et les populations n'existent pas, il n'y a que peur et méfiance (c'est ce qui ressort du récent rapport de la commission nationale Citoyens/Justice/Police, composée de la Ligue des Droits de l"Homme, du Syndicat des Avocats de France et du Syndicat de la Magistrature). Il est nécessaire que les policiers ne soient pas "lachés" dans les rues avec des objectifs chiffrés et des "cibles" prédéterminées. J'en veux pour exemple les rafles que l'on voit de plus en plus régulièrement à Paris, ou bien tous les récents incidents durant des manifestations.

C'est pas anecdotique comme question, cela fait aussi partie des débats sur les libertés publiques d'une part, de la lutte contre les discrimination, d'autre part. Et ce, entre autres :-) comme j'ai l'habitude de le dire : en tirant sur un fil de la pelote, on en vient à parler de tout... C'est un sujet sensible et passionnant : les députéEs vertEs auront du pain sur la planche. Mais c’est un beau défi …