Juste mis bout à bout, voilà quelques brèves propres à faire froid dans le dos et qui laissent à voir vers quel type de société nous nous dirigeons. Dont je ne veux pas, donc il n'y a aucun doute pour moi, le 6 mai j'irais voter Ségolène Royal.

- La menace d'interdiction qui pèse sur le magazine gay Illico. En deux mots : ce journal a reçu hier une lettre du ministère de l'Intérieur le menaçant d'interdiction au prétexte de la présence de publicités pour des sites Internet ou téléphoniques de rencontres dans ses pages ainsi que ses critiques de films X. Ben tiens, sûrement qu eça n'a rien à voir avec le fait qu'ils sont clairement et définitivement anti-sarko...

- J'ai assisté à l'évacuation violente des chômeurs et précaires du toit de l'Unedic. Violente et inutile : les militantEs, privéEs de ravitaillement en eau par la direction de l'UNedic (on se croirait au Moyen-âge, quand on encerlait l'ennemi et qu'on le privait de bouffe et d'eau pour le faire craquer !), avaient de toute façon l'intention de lever le camp... Lors de l'évacuation du toit, un blessé, au poignet. D'en bas, c'était flippant : on voyait bien les flics s'en prendre aux occupants et tout ce petit monde froler les rembardes... Brr. En bas, dans la rue, une petite centaine de manifestants et deux fois plus de flics comme on le voit de plus en plus souvent. Pourquoi nous encercler et le faire de façon si brutale : Pénélope Komites, adjointe au Maire de Paris, élue verte du 12e a une luxation du bras à la suite de cette "opération de maintien de l'ordre". Un mot aussi de leurs revendications. Depuis leur mise en place, les mouvements et associations de chômeurs, intermittents et précaires ne cessent de dénoncer les protocoles de 2003 et 2006 régissant les régimes d’assurance chômage et d'exiger une refonte de l’ensemble du système de protection sociale.

- Je ne parle même plus de la poursuite des contrôles au faciès qui ont lieu dans tous les quartiers populaires de la capitale. Ils sont en passe de devenir le quotidien de nos quartiers. Et après quelques indignations à la suite de l'un de ces contrôles à proximité d'une école, les rafles retombent dans l'indifférence qu'elles connaissaient depuis deux ans qu'elles durent... Ca m'énerve...

J'espère que nous serons aussi nombreux à aller voter, voire plus à faire vivre la démocratie, que dimanche dernier. Et que, à l'issue du vote, nous ne serons pas en Sarkoland...