Même si (et je crois que je l'ai déjà dit-écrit) cette cérémonie peut paraître (presque) anecdotique au regard des besoins (et, souvent, des souffrances) des familles parrainés, c'est un symbole qui pour moi a du sens. C'est une façon d'affirmer et d'assumer notre solidarité avec des concitoyenNEs, les accueillir dans la maison du peuple, c'est aussi leur signifier, officiellement, qu'ils en font partie... Les différentes dernières lois de notre "invité" temporaire dans le 10e font de la solidarité un délit. Je pense que ma responsabilité, à la fois d'élue et de citoyenne, est de refuser de me plier à cette loi que je trouve injuste et inique.

Lorsque je suis intervenue sur cette question pour mon groupe au Conseil de Paris, j'ai parlé de "désobéissance civile" et je me suis fait copieusement insulter par les bancs de la droite*. Pourtant ça me paraît tellement évident. C'est une réaction politique et humaine comme il y en a toujours eu tout au long de l'histoire. Je sais que c'est un terrain glissant et qu'il est interdit de comparer la Shoah à ce qu'il se passe aujourd'hui. Mais comme me le soufflait le maire du 2e, Jacques Boutault, si les conséquences ne sont pas les mêmes, il est difficile de ne pas voir que les méthodes sont identiques. On peut bien sûr faire semblant et se cacher derrière son petit doigt et refusant les mots rafles, contrôles aux faciès... N'empêche, ça existe, et cette fois, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas...

*Non seulement je commence à y être habituée mais, comme me le dit à chaque fois une copine, "si ils te huent, c'est que ton discours touche juste" :-)