Un toit pour tous : une affaire d'état... mais pas seulement !*
Par V. Dubarry le 15-02-07, - L'humeur du moment - Lien permanent
L'hiver dernier, l'association Médecins du Monde avait ouvert le chemin en
distribuant les premières tentes. Les Enfants de Don Quichotte ont, cet hiver,
enfoncé le clou en installant un campement sur les berges du Canal Saint
Martin.
La misère ne se dissimule plus sous les porches, dans les friches ou les terrains vagues. Elle est visible, bien visible et ne permet plus qu'on l'ignore. Elle se donne à voir, en rouge et debout. Et, si parfois elle dérange, c'est aussi parce que nous savons tous et toutes que nous ne sommes pas à l'abri de cette exclusion, que parmi ces "gens-là", il y a aussi des salariés ou des personnes que la vie a fait trébucher. Une fois, une seule, mais suffisante pour que la situation devienne catastrophique et que l'on se retrouve à la rue.
La misère ne se dissimule plus sous les porches, dans les friches ou les terrains vagues. Elle est visible, bien visible et ne permet plus qu'on l'ignore. Elle se donne à voir, en rouge et debout. Et, si parfois elle dérange, c'est aussi parce que nous savons tous et toutes que nous ne sommes pas à l'abri de cette exclusion, que parmi ces "gens-là", il y a aussi des salariés ou des personnes que la vie a fait trébucher. Une fois, une seule, mais suffisante pour que la situation devienne catastrophique et que l'on se retrouve à la rue.
A ces situations, quelles réponses pouvons-nous apporter de là où nous sommes,
associatifs, citoyens, élus ?
D'abord, ne nous leurrons pas : les situations sont tellement différentes qu'il est impossible d'envisager un seul type de réponse. Il faut envisager la problématique du non-logement comme une longue chaîne de dispositifs et de structures. Une personne très marginalisée (problèmes de santé mentale, d'addictions, à la rue depuis des années...) n'a pas les mêmes besoins qu'un salarié qui se retrouve à la rue par les hasards de la vie. Pour l'un, une structure de soin et d'accompagnement social est nécessaire avant d'envisager l'accès à un logement passerelle (où la personne sera encore accompagnée) et enfin, l'accès à un logement social. Ces étapes sont nécessaires. Pour l'autre, un logement social, tout de suite, maintenant, sans tergiversation.
A Paris, aujourd'hui, l'urgence est à la fois dans la création de ces différentes structures et dans la création de logements sociaux en plus grand nombre. Cette politique sociale devrait être l'une des priorités de la Ville.
Or, c'est loin d'être le cas : chaque examen du budget municipal donne lieu à des batailles de chiffonniers pour obtenir des avancées encore trop insuffisantes. 12 000 personnes sont sans logement en Ile de France et un nombre encore plus important est logé dans des conditions indignes (hôtels insalubres, logements dégradés...). Les éluEs VertEs se battent, depuis le début de la mandature, pour obtenir que des budgets plus conséquents soient consacrés d'une part à la création de sctructures d'accueil innovantes, de logements relais et enfin de logements sociaux et d'autre part à l'éradication de l'insalubrité et à la conservation du logement social de fait (situé principalement dans l'Est de la capitale).
Cette politique ne peut qu'être globale si l'on veut éviter l'engorgement qui existe aussi dans certaines structures. A l'instar de nombreuses communes, la Ville de Paris n'est pas en conformité sur l'ensemble de son territoire avec la loi SRU*. Dans le 10e, le parc social est estimé à 9 % du parc immobilier. Loin, très loin des 20 %. Pourtant, nous l'avons dit et redit, des outils existent et ne demandent "que" du courage politique pour être utilisés : application du droit de préemption, réquisition de logements vides y compris pour créer du logement diffus...
L'actualité est pour le moment concentrée sur la reconnaissance du droit fondamental de chacun à un toit et donc sur l'obligation de résultats des pouvoirs publics. C'est sans doute une conquête arrachée par les associations de mal-logés. Mais attention, ce projet de loi ne doit pas dissumuler les lacunes des collectivités, pas plus qu'il ne saurait exonérer les communes de leurs responsabilités en la matière. *Cet article sera publié dans le prochain Verts Quoi, qui est le journal des Verts du 10e.
D'abord, ne nous leurrons pas : les situations sont tellement différentes qu'il est impossible d'envisager un seul type de réponse. Il faut envisager la problématique du non-logement comme une longue chaîne de dispositifs et de structures. Une personne très marginalisée (problèmes de santé mentale, d'addictions, à la rue depuis des années...) n'a pas les mêmes besoins qu'un salarié qui se retrouve à la rue par les hasards de la vie. Pour l'un, une structure de soin et d'accompagnement social est nécessaire avant d'envisager l'accès à un logement passerelle (où la personne sera encore accompagnée) et enfin, l'accès à un logement social. Ces étapes sont nécessaires. Pour l'autre, un logement social, tout de suite, maintenant, sans tergiversation.
A Paris, aujourd'hui, l'urgence est à la fois dans la création de ces différentes structures et dans la création de logements sociaux en plus grand nombre. Cette politique sociale devrait être l'une des priorités de la Ville.
Or, c'est loin d'être le cas : chaque examen du budget municipal donne lieu à des batailles de chiffonniers pour obtenir des avancées encore trop insuffisantes. 12 000 personnes sont sans logement en Ile de France et un nombre encore plus important est logé dans des conditions indignes (hôtels insalubres, logements dégradés...). Les éluEs VertEs se battent, depuis le début de la mandature, pour obtenir que des budgets plus conséquents soient consacrés d'une part à la création de sctructures d'accueil innovantes, de logements relais et enfin de logements sociaux et d'autre part à l'éradication de l'insalubrité et à la conservation du logement social de fait (situé principalement dans l'Est de la capitale).
Cette politique ne peut qu'être globale si l'on veut éviter l'engorgement qui existe aussi dans certaines structures. A l'instar de nombreuses communes, la Ville de Paris n'est pas en conformité sur l'ensemble de son territoire avec la loi SRU*. Dans le 10e, le parc social est estimé à 9 % du parc immobilier. Loin, très loin des 20 %. Pourtant, nous l'avons dit et redit, des outils existent et ne demandent "que" du courage politique pour être utilisés : application du droit de préemption, réquisition de logements vides y compris pour créer du logement diffus...
L'actualité est pour le moment concentrée sur la reconnaissance du droit fondamental de chacun à un toit et donc sur l'obligation de résultats des pouvoirs publics. C'est sans doute une conquête arrachée par les associations de mal-logés. Mais attention, ce projet de loi ne doit pas dissumuler les lacunes des collectivités, pas plus qu'il ne saurait exonérer les communes de leurs responsabilités en la matière. *Cet article sera publié dans le prochain Verts Quoi, qui est le journal des Verts du 10e.