Chronique d'une soirée ordinaire sur la place du Colonel Fabien, Paris 10e
Par V. Dubarry le 26-01-07, - Le 10e arrondissement - Lien permanent
Hier soir, 19 heures 30, les bénévoles de l'armée du salut n'ont même pas
encore fini de servir le repas à la centaine de personnes présentes que part le
premier bus à destination de la Boulangerie, boulevard Ney. Il devrait y en
avoir 3 autres tout au long de la soirée puisqu'on a atteint le niveau 2 du
plan grand froid.
Ces bus font partie du dispositif Atlas et sont gérés par l'association le
Coeur des Haltes. Celle-ci a des consignes claires : ne pas prendre en charge
de mineurs. Ces consignes ne sont qu'une stricte application de la loi, puisque
les mineurs ne peuvent être pris en charge dans le cadre de dispositif de droit
commun. Ce qui ne poserait pas de problème si ils étaient par ailleurs dirigés
vers des structures adaptées... Las ! Rien n'est prévu et trop souvent ces
gamins passent la nuit dans la rue ou sous des abris de fortune.
Avant-hier soir, il n'y avait que 3 ou 4 Mineurs laissés dans la rue. Hier, plus d'une quinzaine. Les âges s'étalent de 14 à 17 ans. Ils attendent de savoir où ils vont passer la nuit, pendant laquelle la température ressentie sera de -8, certainement moins près du Canal Saint Martin…
L'un d'entre eux est malade. Il fera partie des "prioritaires" pris en charge par l'association France Terre d'Asile (accueil mineurs). France Terre d'Asile ne dispose pour cette nuit que de 4 couchages supplémentaires, et encore, ils obtiennent ce chiffre en bataillant avec un hôtelier pour qu'il accepte de rajouter des lits supplémentaires. Toutes les structures hôtelières sont pleines. Après discussion et sur intervention express d'un responsable de la DASS, les autres seront finalement acceptés dans le dernier bus.
Qu'en sera-t-il ce soir et demain soir et après demain soir et surtout lorsque le plan grand froid sera désactivé au printemps ? L'année dernière, à la même date, il y avait 40 mineurs, afghans, kurdes, iraniens, dans le 10e et plus de 110 en mars. Aujourd'hui, ils sont déjà plus de 50.
Depuis 2003, fermeture de Sangatte, le sort de ces enfants à la rue est renvoyé de l'Etat à la Ville, de la Ville à l'Etat. A de nombreuses reprises, les associations, les éluEs, et même la défenseure des enfants, Claire Brisset, ont tiré la sonnette d'alarme sur ces situations impossibles et indignes de la France. Aujourd'hui alors que les yeux sont tournés sur le 10e arrondissement, il est toujours aussi urgent de regarder un tout petit plus loin, le long du canal et vers la place du Colonel Fabien où se jouent des drames quotidiens. Et, enfin, de réfléchir à des solutions concrètes et durables d'hébergement et de suivi de ces enfants, et ce qu'ils aient ou non décidé d'opter pour la nationalité française.
Voir le site du Collectif de Soutien aux Exilés du 10e.
Avant-hier soir, il n'y avait que 3 ou 4 Mineurs laissés dans la rue. Hier, plus d'une quinzaine. Les âges s'étalent de 14 à 17 ans. Ils attendent de savoir où ils vont passer la nuit, pendant laquelle la température ressentie sera de -8, certainement moins près du Canal Saint Martin…
L'un d'entre eux est malade. Il fera partie des "prioritaires" pris en charge par l'association France Terre d'Asile (accueil mineurs). France Terre d'Asile ne dispose pour cette nuit que de 4 couchages supplémentaires, et encore, ils obtiennent ce chiffre en bataillant avec un hôtelier pour qu'il accepte de rajouter des lits supplémentaires. Toutes les structures hôtelières sont pleines. Après discussion et sur intervention express d'un responsable de la DASS, les autres seront finalement acceptés dans le dernier bus.
Qu'en sera-t-il ce soir et demain soir et après demain soir et surtout lorsque le plan grand froid sera désactivé au printemps ? L'année dernière, à la même date, il y avait 40 mineurs, afghans, kurdes, iraniens, dans le 10e et plus de 110 en mars. Aujourd'hui, ils sont déjà plus de 50.
Depuis 2003, fermeture de Sangatte, le sort de ces enfants à la rue est renvoyé de l'Etat à la Ville, de la Ville à l'Etat. A de nombreuses reprises, les associations, les éluEs, et même la défenseure des enfants, Claire Brisset, ont tiré la sonnette d'alarme sur ces situations impossibles et indignes de la France. Aujourd'hui alors que les yeux sont tournés sur le 10e arrondissement, il est toujours aussi urgent de regarder un tout petit plus loin, le long du canal et vers la place du Colonel Fabien où se jouent des drames quotidiens. Et, enfin, de réfléchir à des solutions concrètes et durables d'hébergement et de suivi de ces enfants, et ce qu'ils aient ou non décidé d'opter pour la nationalité française.
Voir le site du Collectif de Soutien aux Exilés du 10e.
