Cette loi, sous couvert de prévention, vient pénaliser un peu plus les plus fragiles d’entre nous. Cette loi institue la délation comme outil d’intervention sociale, fait du signalement de « toutes personnes présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles » une obligation sous peine de sanction.

Il est impossible à des élu-e-s locaux de se reconnaître dans une loi qui fait de l’absentéisme scolaire une contravention de 4ème classe, qui stigmatise toujours un peu plus les parents en difficulté, une loi qui les oblige à suivre des « stages de parentalité » en guise de sanction afin d’être de « bons parents », une loi qui incite les établissements scolaires à généraliser la vidéosurveillance.

Alors que les plus fragilisés d’entre nous sont fortement touchés par le renoncement du gouvernement à une réelle politique sociale, cette loi vient encore un peu plus stigmatiser ces populations déjà malmenées.

Cette loi met à bas les principes fondateurs de la protection de l’enfance en amendant largement le code de l’action sociale et de la famille, ne pourra qu’engendrer souffrances et violences.

Il est urgent de réaffirmer que parler de sécurité et de prévention, c’est d’abord parler d’exclusion, d’accès aux droits, de lutte contre les discriminations. Parler d’insécurité, c’est aussi parler d’un mieux vivre ensemble, dans le respect de tous et de toutes.