La lepénisation des esprits a de beaux jours devant elle...
Par V. Dubarry le 29-09-06, - L'humeur du moment - Lien permanent
Lors d'une réunion avec des habitantEs du 10e, le député-maire du 10e arrondissement a eu une attitude et des propos inacceptables. Je trouve cela d'autant plus ignoble que c'est un détenteur du "pouvoir" qui tient ce type de discours, renforçant ainsi les préjugés, les peurs qui peuvent parfois s'exprimer dans ce genre de réunion...
Paris, le 28 septembre 2006
Lettre ouverte à M. Tony Dreyfus,
Député-Maire du 10e arrondissement
Monsieur le Maire,
Le jeudi 28 septembre, lors d’une réunion organisée, à la Mairie du 10e arrondissement, à la demande d’habitants qui souhaitaient aborder avec les éluEs du 10e les problèmes de sécurité qu’ils peuvent rencontrer dans leur quartier, vous avez tenus des propos inqualifiables, dignes de ceux tenus par ce Ministre qui ont mis l’hiver dernier le feu aux poudres dans les quartiers populaires.
Alors que je tentais d’expliquer le travail réalisé cet été par le Centre Social Aires 10 et le club de prévention spécialisée, l’AJAM, vous avez déclaré : « je me fous des clubs de prévention qui n’ont pas les moyens de lutter contre cette gangrène ». Ceci me voit dans l’obligation de vous rappeler que ces associations dont « vous vous foutez » reçoivent pour réaliser ce travail des subventions de la ville et du département de Paris dont vous êtes l’un des élus. Vous avez par ailleurs insisté pour connaître l’origine « ethnique » de ces jeunes et votre suggestion de leur origine maghrébine était pour le moins douteuse et flirtait dangereusement avec bon nombre de stéréotypes racistes.
Ne pouvant ni cautionner, ni accepter de tels propos, j’ai décidé de quitter votre bureau, sous vos hurlements, sans attendre la fin de la réunion.
Je me suis souvent indignée contre les amalgames faciles qui criminalisent une partie de la jeunesse et qui ne font que renforcer préjugés, racisme et traitement sécuritaire de la question sociale recevant en cela le soutien de la municipalité parisienne qui a pris des positions claires contre le projet de loi sur la prévention de la délinquance. Par vos déclarations vous contredisez non seulement ces prises de positions mais vous anticipez sur la mise en oeuvre de cette loi en vous octroyant dès maintenant le rôle de « shérif ».
Il ne s’agit pas d’excuser ou de cautionner quelques actes de délinquance que ce soit dès lors qu’ils sont avérés, il est de notre responsabilité d’élus de conserver sang-froid et discernement afin que chacun trouve sa place dans la cité. Vos propos mettent à bas le travail que nous mettons en place depuis six ans en matière de prévention et de lien social. De la même façon que les interventions policières, tout au long de l’été, dont vous vous dites à l’origine, ont pénalisé lourdement le travail mené par notre partenaire le Centre Social Aires 10 sans apporter de réponse autre que celle de l’insécurité croissante dans laquelle se trouvent les personnes les plus vulnérables du quartier.
Cet incident n’étant malheureusement pas le premier, je m’interroge sur la poursuite d’un travail commun. Je vous demande de retirer ces propos inqualifiables et de me donner des assurances quant à la poursuite de l’exercice de ma délégation en adéquation avec valeurs et principes dont je pensais qu’ils nous étaient communs.
Véronique Dubarry
Conseillère de Paris et du 10e – Les Verts
Lettre ouverte à M. Tony Dreyfus,
Député-Maire du 10e arrondissement
Monsieur le Maire,
Le jeudi 28 septembre, lors d’une réunion organisée, à la Mairie du 10e arrondissement, à la demande d’habitants qui souhaitaient aborder avec les éluEs du 10e les problèmes de sécurité qu’ils peuvent rencontrer dans leur quartier, vous avez tenus des propos inqualifiables, dignes de ceux tenus par ce Ministre qui ont mis l’hiver dernier le feu aux poudres dans les quartiers populaires.
Alors que je tentais d’expliquer le travail réalisé cet été par le Centre Social Aires 10 et le club de prévention spécialisée, l’AJAM, vous avez déclaré : « je me fous des clubs de prévention qui n’ont pas les moyens de lutter contre cette gangrène ». Ceci me voit dans l’obligation de vous rappeler que ces associations dont « vous vous foutez » reçoivent pour réaliser ce travail des subventions de la ville et du département de Paris dont vous êtes l’un des élus. Vous avez par ailleurs insisté pour connaître l’origine « ethnique » de ces jeunes et votre suggestion de leur origine maghrébine était pour le moins douteuse et flirtait dangereusement avec bon nombre de stéréotypes racistes.
Ne pouvant ni cautionner, ni accepter de tels propos, j’ai décidé de quitter votre bureau, sous vos hurlements, sans attendre la fin de la réunion.
Je me suis souvent indignée contre les amalgames faciles qui criminalisent une partie de la jeunesse et qui ne font que renforcer préjugés, racisme et traitement sécuritaire de la question sociale recevant en cela le soutien de la municipalité parisienne qui a pris des positions claires contre le projet de loi sur la prévention de la délinquance. Par vos déclarations vous contredisez non seulement ces prises de positions mais vous anticipez sur la mise en oeuvre de cette loi en vous octroyant dès maintenant le rôle de « shérif ».
Il ne s’agit pas d’excuser ou de cautionner quelques actes de délinquance que ce soit dès lors qu’ils sont avérés, il est de notre responsabilité d’élus de conserver sang-froid et discernement afin que chacun trouve sa place dans la cité. Vos propos mettent à bas le travail que nous mettons en place depuis six ans en matière de prévention et de lien social. De la même façon que les interventions policières, tout au long de l’été, dont vous vous dites à l’origine, ont pénalisé lourdement le travail mené par notre partenaire le Centre Social Aires 10 sans apporter de réponse autre que celle de l’insécurité croissante dans laquelle se trouvent les personnes les plus vulnérables du quartier.
Cet incident n’étant malheureusement pas le premier, je m’interroge sur la poursuite d’un travail commun. Je vous demande de retirer ces propos inqualifiables et de me donner des assurances quant à la poursuite de l’exercice de ma délégation en adéquation avec valeurs et principes dont je pensais qu’ils nous étaient communs.
Véronique Dubarry
Conseillère de Paris et du 10e – Les Verts
