Pas pour les personnes (âgées, enfants, malades) qui vont souffrir de la canicule et des pics de pollution contre lesquels il est juste demandé aux automobilistes de « diminuer » leur vitesse de circulation... Et à ceux qui en souffrent de rester chez eux ! Il est loin le jour où les pouvoirs publics prendront la pleine mesure de cette question et seront aussi volontaires que nombre de grandes villes européennes qui, en cas de pics de pollution, interdisent la circulation. Les éluEs VertEs au Conseil de Paris l’ont demandé à plusieurs reprises au Préfet de Police, avant et après la canicule meurtrière de 2004, mais ces demandes sont restées vaines...

Pas pour les militantEs du Réseau Vert qui doivent continuer à se mobiliser et à mobiliser pour que, enfin !, dans Paris les cyclistes, les piétons aient droit à ce fameux réseau de rues débarrassées de la circulation de transit : signatures de pétitions, réunions, collages d’affiches...

Pas pour les familles sans-papiers, qui vont continuer jusqu’au 13 août à faire la queue devant les centres de réception de la préfecture de police en espérant que leur demande rentrera bien dans les clous de la circulaire Sarkozy... Et qui, en attendant leur rendez-vous pour une obtention de plus en plus hypothétique d’un titre de séjour, devront rester sur leur garde, vivre dans la peur et l’angoisse des « raffles » qui ont lieu à Paris durant l’été (dans les quartiers les plus populaires de la capitale : Belleville, Chateau d’Eau...).

Pas pour les sans-domicile qui ont planté leurs tentes sur les berges du Canal Saint Martin ou dans le square de Verdun et dont la présence provoque pétitions et courriers des riverains, toujours dans le même sens : débarrassez-nous de tout ça ! Les tentes distribuées par Médecins du Monde cet hiver rendent visibles la pauvreté qui se vit habituellement dans les recoins et les abris invisibles... Les personnes qui habitent là sont pour certains des demandeurs d’asiles, d’autres des travailleurs précaires, il y a parfois des familles roms... De la diversité comme partout ailleurs dans le 10e, des histoires différentes qui ne peuvent pas être traitées de la même façon. Et oui, comme le disait quelqu’une sur une liste d’habitantEs du 10e, c’est complexe et se contenter de vouloir que « ça » parte d’en bas de chez soi, que « ça » déménage ailleurs fait l’économie de la réflexion globale sur la misère de plus en présente dans notre société et sur les moyens que l’état et les collectivités territoriales doivent mettre en oeuvre pour y répondre et sur les dispositifs à mettre en place ou à créer pour répondre à ces questions si différentes...

Pour ne pas finir l’année sur une note aussi négative, nous vous souhaitons de très bonnes vacances et que l’énergie, les forces que vous allez récupérer nous fassent nous retrouver à la rentrée sur ces questions et sur toutes les autres aussi !