Par V. Dubarry le 27-09-11,
Tout à l'heure, je serai aux côtés de l’APF, devant le Sénat, pour protester
contre les récentes atteintes à la Loi du 11 février 2005 pour l'égalité des
droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes
handicapées.
[ Récemment, je m’interrogeais dans ce blog : les handicapés ont-ils droit à
une vie sexuelle. Aujourd’hui on peut se demander pour commencer, les personnes
en situation de handicap auront-elles déjà et tout simplement, le droit de
sortir de chez elles ? Partant de là, me direz vous, cela éliminera beaucoup de
questions annexes. ]
Cette fameuse loi de 2005 avait mis en en place des règles en matière
d’accessibilité imposant notamment dans un délai de dix années une mise en
accessibilité des bâtiments recevant du public, ainsi qu’une planification des
politiques publiques en matière de transports et de voirie et la prise en
compte des normes d’accessibilité lors de la construction de bâtiments
neufs.
Après ces magnifiques mesures, suivies de ronflantes déclarations d’intentions
de notre compassionnel Président ( déclarations démenties ensuite sur l’air de
la confidence réaliste et cynique devant les corps de métiers concernés et
paniqués – voir Nicolas Sarkozy veut rendre « plus souple » la réglementation
concernant
l'accessibilité
des établissements de tourisme ), certains parlementaires se sont échinés,
à coup de cavaliers législatifs ou de rapports, le plus discrètement possible,
mais heureusement sans tromper la vigilance des associations, à casser ces
principes d’accessibilité édictés par la Loi.
La dernière tentative en date est le Rapport Doligé sur la
simplification
des normes s'imposant aux collectivités locales. Et là je vous le donne en
mille, les principales sont bien sûr celles qui concernent l'accessibilité des
bâtiments !
C’est une idée encore bien ancrée chez beaucoup (architectes, décideurs locaux
…) : les normes d’accessibilité sont un facteur de complication, de coûts
exorbitants, de plans d’appartements absurdes ( car pour laisser de la place à
la circulation des fauteuils, il faudrait sacrifier tellement d’espace) et
pourquoi se donner toute cette peine pour une minorité de la population ( dont
ne font apparemment pas partie certains décideurs) ?
Mais attention, autre idée aussi bien ancrée : l’accessibilité ne concernerait
que les personnes handicapées et les personnes handicapées, ce sont celles qui
sont en fauteuil. D’abord,
tous les handicaps sont concernés par la
problématique de l’accessibilité, qu’il s’agisse de PMR- Personnes à
Mobilité Réduite – ou de personnes mal entendantes ou en situation de handicap
mental ou psychique. Ensuite, tous autant que nous sommes, nous avons été ,
nous sommes et serons souvent confrontés à des soucis
d’accessibilité : enfants, femmes enceintes, personnes âgées,
accidentés, ou tout simplement encombrées.[Cochez la mention
correspondante].C’est pour cela que je trouve essentiel de toujours parler
d’
accessibilité universelle.
Et c’est encore pour cela que tout à l'heure, sous le soleil nouveau du jardin
du Luxembourg, je ceindrai ma belle écharpe d’élue et vous retrouverai
peut-être, sûrement, je l’espère, aux côtés de celles et ceux qui croient
encore à une société inclusive.