Véronique Dubarry

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Articles

Fil des billets

11-02-13

Ma pilule, ma bataille - Médiapart - 8 janvier 2013

Ça m’énerve, ça m’énerve… Ce matin, il a fallu que j’aille chercher dans les affaires de ma fille aînée (en vacances !) pour vérifier quelle pilule elle prend. Que j’aille ensuite à la recherche des renseignements (sur internet) pour comprendre de quelle génération est cette pilule. Si j’ai dû faire ça, c’est parce que ni dans les journaux, papiers ou télévisés, ni à la radio, il n’a été expliqué vraiment quelles pilules posent problèmes. Comment savoir, moi, femme, usagère, de quelle génération est la pilule qui m’a été prescrite par mon/ma gynéco ? Comment savoir quels risques courent ma fille, moi, ma nièce, ma sœur ? Comment savoir quelles sont les molécules soupçonnées de faire courir des risques aux femmes ?

Beaucoup de battage, beaucoup d’alarmisme, mais aucune information de nature à rassurer les femmes et surtout à les renseigner vraiment… Des « informations » qui n’en sont pas.

Lire la suite...

12-10-12

Refuser le TSCG pour refonder l'Europe - Mediapart - 11 octobre 2012



« Quand on ne peut plus défendre un projet [le TSCG] autrement qu’en ayant recours à la peur, (...) la décision la plus sage, est, à défaut de se taire, de faire une pause. Pour réfléchir autrement, et faire de l’Europe un acteur capable de mettre en œuvre une réponse sociale, écologique et démocratique à la crise économique, financière et climatique ».


Par Geneviève Azam, Amélie Canonne, Maxime Combes, Véronique Dubarry, François Gèze, Nicolas Haeringer, Stéphane Lavignotte, Aurélie Trouvé, répondant à une tribune publiée dans Le Monde.

Depuis la victoire du «non» au référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen, la cause est entendue : l’invective, la mauvaise foi et les incohérences sont du côté de celles et ceux qui s’opposent aux traités européens –aux traités et à leur novlangue délicieusement bureaucratique, à leur technicisation accrue d’une Europe qui se coupe ainsi de ses citoyens et se range inexorablement du côté de l’austérité et tourne le dos à la transition écologique, tout en érigeant des remparts toujours plus élevés pour s’isoler du monde et refuser les migrations.

Lire la suite...

10-07-12

Eradiquer la prostitution ou les prostituéEs ? - Médiapart - 27 juin 2012

Dans le Journal du Dimanche de dimanche dernier, Najat Vallaud-Belkacem dit souhaiter la fin de la prostitution. Elle a raison. Moi-même, je suis pour l'éradication de la famine dans le monde, la fin de toutes les guerres et très, très, très favorable à ce que nous nous aimions tous les uns les autres.

En attendant ces jours merveilleux, on fait quoi ? On laisse perdurer des lois dont on sait qu'elles mettent en danger les prostituéEs ? Dont on sait que leur mise en oeuvre fielleuse et hypocrite repousse les prostituéEs loin, de plus en plus loin, des associations qui pourraient leur apporter conseils

Lire la suite...

10-02-12

Incident à l'Assemblée : le tabou levé par Serge Letchimy - Liberation.fr - 9 février 2012

Par : Stéphane LAVIGNOTTE, militant écologiste, pasteur, directeur d'une maison de quartier et Véronique DUBARRY, adjointe écologiste au maire de Paris, en charge des personnes en situation de handicap.

D'une polémique politicienne peut-il sortir un saut pour la pensée politique collective? On a réduit l'intervention de Serge Letchimy à la maladresse d'un député se laissant piéger par une provocation. Il faut au contraire entendre, déplier, réfléchir à la phrase qui a provoqué la sortie du gouvernement de l'Assemblée nationale. «Vous nous ramenez jour après jour à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et coloniale.»

Cette phrase est le concentré puissant d'une problématique quasi-ignorée du débat politique général dont elle est pourtant le nœud caché: la place de l'idéologie coloniale dans l'apparition du nazisme et ses conséquences aujourd'hui. Serge Letchimy connaît très bien cette problématique parce qu'elle est au cœur du Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire en 1950, son prédecesseur à la mairie de Fort-de-France et celui dont il revendique l'héritage politique.

Qu'apporte cette vision anticoloniale de la Shoah inaugurée par Césaire ? A raison, on a décrit le nazisme comme un summum de barbarie. Summum, on l'a aussi imaginé exception, qui arriverait de nulle part dans la civiliation européenne. Au mieux, comme la victoire d'un courant minoritaire – l'extrême droite – en raison du contexte (la crise économique) ou l'effraction (le coup d'Etat).

Ce que pointe Aimé Césaire dans le discours sur le colonialisme et récemment l'historien spécialiste de la Shoah, Enzo Traverso, dans La violence nazie, ce sont au contraire les éléments de continuïté entre l'histoire de l'Europe comme civilisation et le nazisme. Son enfantement, non pas seulement des entrailles d'une minorité illégitime et marginale (l'extrême droite), mais du centre légitime des idéologies du monde occidental. Enzo Traverso, dans son dernier livre, montre comment le nazisme n'est pas une incongruïté venue de la seule Allemagne, mais a des racines profonde dans le XIXe siècle européen, dans la mécanisation de la mort inaugurée par la guillotine, le darwinisme social, les massacres des conquêtes coloniales, le fordisme et les champs de bataille de la guerre de 1914. C'est tout un contexte de civilisation qui voit apparaître le régime national-socialiste et ses crimes.

Le colonialisme allemand avant le nazisme

Serge Letchimy, en héritier de Césaire, insiste sur le colonialisme. Enzo Traverso montre de manière frappante comment la plupart des outils, des méthodes et du vocabulaire mis en œuvre par les nazis l'ont été d'abord par le colonialisme allemand dans ses colonies. Et quand l'Allemagne perd ses colonies en 1918, tout cela va se «reconvertir» mais contre l'Europe, le monde slave d'abord – race et civilisation inférieure à coloniser – puis contre le reste du continent. C'est ce qu'exprime avec force Césaire dans le discours sur le colonialisme: «Oui, il vaudrait la peine d'étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches de Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'un Hitler l'habite, que Hitler est son démon, que s'il le vitupère c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation de l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique.»

Si la phrase de Serge Letchimy a choqué, c'est peut-être aussi parce qu'elle lève ce premier tabou: sommes-nous capable de l'entendre ? Avons-nous le courage, blancs, Occidentaux, de répondre à l'invitation de Césaire de traquer ce démon ?

Cette question sur le passé est aussi valable pour le présent: le démon n'a pas été expulsé. Comment ne pas voir que c'est faute de l'avoir pris au sérieux que des Sarkozy et Guéant peuvent continuer leur politique contre les roms, les musulmans, les noirs, les Arabes, les habitants des quartiers populaires? Qu'en ne ne pensant pas le nazisme dans le temps long de l'histoire européenne, on ne voit pas que la société laisse se réinstaller un racisme systémique qui transforme – comment dans le système colonial – une partie de la population en indigènes, citoyens à part ?

Et cette question est aussi pour la gauche: faute d'avoir osé rouvrir ce compromis de la IIIe République qui a monnayé l'intégration ouvrière contre la création de l' «étranger» comme ennemi (y compris l'étranger de l'intérieur qui s'exprime dans une autre langue que le français), la gauche n'a pas soldé la part coloniale de sa pensée et échoue à penser la place des musulmans, des noirs, des Arabes mais aussi des cultures régionales, voire des personnes en situation de handicap, dans sa conception de la France. A force d'avoir reculé devant l'obstacle politique, théorique, spirituel et pratique de l'héritage colonial, nous avons laissé se substituer un clivage racial au clivage social : il est urgent d'entendre ce que disaient hier Fanon et Césaire, ce que disent aujourd'hui Letchimy, Traverso ou les Indigènes de la République.

03-01-12

Résister n'est pas créer - Pour une analyse théologico-politique de Walking Dead - Revue des Livres - Janvier 2012

Excellent (après tout on n'est jamais mieux servie que par soi même) article de Véronique Dubarry et Stéphane Lavignotte, dont voici juste l'introduction... Pour lire le texte en entier, il faudra revenir à des choses "simples" : aller acheter la revue dans un kiosque, une maison de la presse ou un marchand de journaux ! Et puis ainsi, participer à la vie de la Revue des livres qui a besoin d'un coup de main, de pouce pour continuer à exister !



Le succès de la série de bande dessinée Walking Dead et la place de plus en plus grande que prennent les fictions mettant en scène des zombies dans un univers post-apocalyptique sont très certainement le signe de l’inquiétude grandissante des populations face aux évolutions catastrophiques de notre époque. Mais n’est-il pas également possible de rendre compte de ce succès en lisant cette série comme la mise en scène d’une expérimentation politique, comme la mise au jour des tensions et des contradictions dont est porteuse la double injonction qui nous est faite d’à la fois créer et résister ?

La parution de la série The Walking Dead, chez l’éditeur de comics étasunien Image Comics, débute en 2003. Cette série, créée par Robert Kirkman (scénariste) et Tony Moore (dessinateur) puis Charlie Adlard (dessinateur), est adaptée pour la télévision en octobre 2010. Elle est d’abord diffusée sur la chaîne américaine AMC et l’année suivante en France sur les chaînes d’Orange1. Le succès de cette série2 illustre la place prise depuis trente ans par le thème de la fin du monde dans la science-fiction, le cinéma et la littérature populaire (romans et bandes dessinées) : si l’on regarde une liste de 340 films post-apocalyptiques tournés depuis 1926, 261 l’ont été dans les trente dernières années, dont 112 dans la décennie 1980, 49 dans la décennie 1990 et 106 depuis dix ans3. On voit ainsi réapparaître au début du troisième millénaire un genre fort répandu lors du premier : la littérature apocalyptique. En période de changement radical de civilisation, cette littérature est un reflet grâce auquel les sociétés peuvent imaginer leur propre évolution. Face aux changements de civilisation dans lesquels les habitants de la planète sont engagés, notamment face aux enjeux environnementaux, que donne à penser cette littérature pour aujourd’hui ? Ne pointe-t-elle pas que, contrairement à une thématique courante dans les mouvements sociaux, résister n’est pas créer et qu’il y a antinomie entre survivre et revivre ?

.../... La suite en kiosque !

26-11-11

En finir enfin avec cette image poussiéreuse - Le Nouvel Economiste - 24 novembre 2011

Une longue interview dans le Nouvel Economiste sur les questions de la place des personnes handicapées dans le milieu du travail et aussi sur le secteur protégé, son image et son avenir. Et pour finir (tenter de, en tout cas !) avec cette image encore trop souvent répandue de ce qu'est le ce secteur...

15-09-11

L'intelligence collective de la société - Politis - 15 septembre 2011

"Politique autrement". Depuis 25 ans d'utilisation, ces mots sont vilipendés, synonymes d'utopie et d'éloignement de la vraie vie. Pourtant, face à l'abstention, à la crise de confiance généralisée des citoyens pour le personnel politique, qui oserait penser qu'il n'est pas urgent de faire "autrement" ? Mais que cela veut-il dire, au-delà de quelques questions sensibles comme le cumul des mandats, la représentation de la diversité ou la parité ?


Lire la suite ci-dessous ou en téléchargeant le document en pdf.

Lire la suite...

Pour l’assistance sexuelle des handicapés - Pages Rebonds de Libération - 14 septembre 2011

Cet appel, lancé par Le magazine «Faire Face» et l’association CH(s)OSE, a été publié mercredi 14 septembre dans Libération.
Faisant suite au colloque "Vie affective et sexuelle des personnes handicapées" que j'ai co-organisé avec l'association Defistival, suite aussi à une tribune publiée elle aussi dans les pages Rebonds de Libération, il me semblait évident de signer cet appel qui doit relancer le débat malgré les invectives, malgré les raccourcis choquants qu'il provoque...

Texte de l'appel (qu'il est toujours possible de signer sur le site du magazine Faire-Face)


Accepteriez-vous une vie sans relation sexuelle, alors que vous en avez le désir ? Accepteriez-vous, alors que c’est votre souhait, de ne pas connaître votre corps dans ce qu’il a de plus intime, de ne pas connaître celui de l’autre ? Aujourd’hui, en France, des hommes et des femmes se trouvent privés de toute vie sexuelle parce que leur handicap les empêche d’accomplir certains gestes. Accepteriez-vous d’être considéré comme un être asexué, désincarné, sans désir ni besoins ? Les personnes en situation de handicap subissent de tels préjugés.

Lire la suite...

13-09-11

L'IVT en danger ! - Mediapart.fr - Lundi 12 septembre

ELaborit-IVTEmmanuelle Laborit, grande comédienne qui a remporté, en 1993, le Molière de la révélation théâtrale pour son interprétation dans Les Enfants du silence, auteure du Cri de la mouette, livre dans lequel elle relate son combat et sa découverte de la langue des signes, a donné lundi soir, en tant que directrice de l'International Visual Theatre (IVT), une conférence de presse pour tirer la sonnette d'alarme sur la situation de son établissement. Rien que de très banal: les établissements culturels se déclarent les uns après les autres au bord de l’agonie financière et donc tout proches de mettre la clé sous la porte.
La suite sur Mediapart.

ou ci-dessous...

Lire la suite...

25-11-10

Rebonds : Les handicapés ont-ils droit à une vie sexuelle ? - Libération 26/11/2010

Comme si. Comme s'ils ne voulaient pas d'enfant, comme s'ils n'avaient pas de désir, comme s'ils n'avaient pas de peau, de coeur ... Comme si les personnes en situation de handicap n'étaient que de purs esprits sans corps. Bien qu'on les réduise la plupart du temps à ce corps dit contraint.
Au fond qu'est ce qui coince? Notre propre angoisse face au flou de la frontière entre le «normal» et le «pathologique» ? Quel que soit le type de handicap, «ces gens-là» ne peuvent prétendre à une vie affective et sexuelle. Ils sont «fous» donc ne pourraient pas être conscients de leur corps et leurs pulsions seraient forcément contre-nature ; leur corps n'est pas dans la norme donc leur sexualité ne peut être «normale».

Lire la suite...

- page 1 de 2